7 esplanade Henri de France (Paris 15ème)

RER et Tram : Pont du Garigliano (Ligne T3a et Ligne C)
Lieu notable : Siège de France Télévisions
C’est à Henri de France que l’on doit la diffusion en haute définition (819 lignes) de la télévision française entre 1949 et le milieu des années 80. C’est également à l’ingénieur que l’on doit le procédé SECAM lié à la diffusion en couleur des chaînes de télévision (2ème chaîne et 3ème chaîne).

Le bâtiment est imposant sans pour autant être dominant sur ces bords de Seine qui, au fur et à mesure, sont devenus le centre audiovisuel de la France. La Radio avait depuis 1963 son propre bâtiment et la télévision avait failli également avoir sa propre maison dans un projet qui n’a pas pu voir le jour. Depuis 1992 avec la création de France télévision, l’idée était de réunir les différentes entités de France 2 et France 3 au sein d’une même structure immobilière. L’objectif étant de à la fois de réduire les coûts (France 2 et France 3 étaient alors répartis sur différents sites dans la capitale) et de fédérer les équipes avec en ligne de mire la création d’une société commune.

France télévision avait déjà un siège, pour la présidence commune de France 2 et France 3, situé avenue d’Iéna. Même si l’entité n’a pas de véritable personnalité juridique en 1992, l’idée reste donc de renforcer la télévision publique. Hervé Bourges, premier président de l’histoire de France télévision, avait souhaité mettre en oeuvre cette vision d’une maison de la télévision publique mais c’est sous la présidence de Jean-Pierre Elkabbach que le projet prend véritablement forme. Une consultation est lancée au début de l’année 1994 et après la mise en concurrence de 6 projets c’est celui de Jean-Paul Viguier qui est retenu au mois de décembre de cette même année. La renommée de l’architecte est alors également liée au projet établi pour le pavillon de la France lors de l’exposition universelle de 1992 à Séville, en Espagne.

Dès lors tout se met en place. Un temps envisagé à Issy-Les-Moulineaux, le siège s’installera finalement dans le XVème arrondissement de la capitale plus exactement sur la ZAC André Citroën (lieu des anciennes usines du groupe) du moins une partie de celle-ci (l’autre partie étant consacrée au jardin André Citroën). Le RER C jouxte le futur siège, il importe alors de consolider les travaux au niveau de l’insonorisation. A proximité du lieu, la future ligne T3 du tramway (marquant le retour de ce moyen de transport dans Paris) longera le futur bâtiment. L’architecte présente ce que sera le futur bâtiment composé d’un quadrilatère et d’un autre bâtiment triangulaire. Les deux parties principales étant rejointes par un atrium principal, une avenue piétonne intérieure. La symbolique est omniprésente ne serait-ce que sur la façade côté Seine avec deux parties principales : une pour France 3, l’autre pour France 2, le tout relié en hauteur par les bureaux de la direction. Quant aux matériaux utilisés, ils seront principalement de verre et de marbre donnant un côté moderne, télévisuel et transparent. La télévision publique se veut transparente sur ses activités et son offre. Côté chiffres, c’est une superficie de 57 000 m2 qu’occupera le siège pouvant accueillir 2700 Personnes. Jean-Pierre Elkabbach ainsi déclaré dans le journal Les Échos du 15 décembre 1994 « Je crois que ce geste créatif aboutira à la naissance d’un monument qui enrichira le patrimoine national« .

Ce n’est toutefois pas Jean-Pierre Elkabbach, en tant que président de France Télévision, qui verra l’aboutissement de ce projet mais son successeur Xavier Gouyou-Beauchamps. Les premières équipes arrivent au printemps 1998 mais c’est le 15 août qu’à l’antenne et que pour les principales équipes de France 2 le déménagement devient effectif. Le journaliste Benoît Duquesne présente ainsi le premier 20 heures depuis l’Esplanade Henri de France à l’instar du 20 heures de TF1, 6 ans plus tôt, présentée par Claire Chazal dans le nouveau siège de la Une située non loin de là de l’autre côté de la Seine.

C’est un nouveau départ pour le service public comme si l’Histoire tentait de revenir sur l’éclatement de l’ORTF. Avec ce nouveau siège, France Télévision devient une holding deux ans plus tard, le 1er août 2000 et son nom change pour France Télévisions. Le pluralisme des télévisions proposées par le groupe se confirme avec l’intégration de La Cinquième dans cette holding. En janvier 2002, l’intégration sera encore plus visible. C’est en effet à l’occasion d’un changement des logos et de l’habillage du groupe et de ses chaîne que La Cinquième devient France 5. 2 ans plus tard en 2004, c’est RFO qui rejoint à son tour le groupe France Télévisions. En mars 2005, France 4 vient compléter cette offre du service public.

La Maison France Télévisions possède au sein de son immeuble 8 studios d’enregistrement permettant d’accueillir la plupart des rendez-vous des émission du groupe. Une mention particulière pour l’atrium situé au 3ème étage qui reste le coeur de l’information en étant dédié aux journaux télévisés de la deuxième chaîne. Le studio est officiellement baptisé Gilles Jacquier au mois de janvier 2012 du nom du journaliste d’Envoyé Spécial mort durant ce même mois alors qu’il couvrait les événements en Syrie.
A partir du 1er septembre 2016 le studio Gilles Jacquier devient le quartier général de la nouvelle chaîne d’information France Info en même temps que son habillage visuel à l’écran. La chaîne se partageant entre la Maison France Télévision et le studio 221 de Radio France, siège de la radio du même nom. France Télévisions continue de s’accroître au profit d’une logique de groupe comme lors du déménagement de France 3 Paris-Ile de France de Vanves dans cet immeuble en 2019.

Comme pour TF1 ou bien encore M6, France Télévisions se sert de sa façade afin de communiquer sur ses programmes. Le bâtiment sert également de décor actif à un certain nombre d’émissions. On peut penser au fameux hall d’entrée du groupe qui a pu être mis en avant lors de l’élection présidentielle de 2022 devenant ainsi un décor actif à la mise en lumière des candidats. Plus récemment, le 15 juillet 2024, le hall a accueilli la flamme olympique portée par les journalistes Carole Gaessler, Matthieu Lartot et Julian Bugier à l’occasion des jeux olympiques de Paris dont France Télévisions est le partenaire et diffuseur officiel. C’est également depuis ce hall qu’on été aménagés des plateaux pour la chaîne numérique Paris 2024.

L’immeuble qui fête officiellement en 2024 ses 26 ans d’activités continue de s’étendre comme ce fut le cas en 2010 avec la construction d’un nouveau bâtiment sur le boulevard du Général Martial Valin. Quant au bâtiment principal, il fut baptisé le 9 octobre 2023 « Maison Jean-Pierre Elkabbach » en hommage au journaliste et l’ancien président de France télévision décédé le 3 octobre de la même année.
Et demain ? Le projet Campus 2025 a confirmé la présence du groupe public dans le secteur en regroupant autour du siège historique (avec notamment l’aménagement de l’ancien immeuble PMU) l’ensemble des structures de France Télévisions répartis à Paris et en banlieue parisienne. Il est d’ailleurs intéressant de noter la présence du groupe public dans de nombreux bâtiments entre le siège historique et le Parc André-Citroën.

En repartant de l’esplanade Henri de France, un petit détail rappelle que l’ensemble de cette structure est liée au groupe public mais également qu’elle compte s’inscrire dans le temps avec le premier logo de France Télévision sur des plaquettes délimitant le trottoir du boulevard du Général Martial Valin et le siège de la télévision publique.

Photos©Balades télévisuelles

Mise à jour : 18/07/2025

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