
Métro/RER : Charles de Gaulle-Etoile (Lignes 1, 2 et 6 du métro et ligne A du RER)
Lieu notable : Anciens bureaux du ministère de l’information et ancien siège social de la RTF
La bataille de Friedland menée par Napoléon Ier et remporté par ce dernier face à l’Empire russe le 14 juin 1807, donne son nom à cette artère menant à l’Arc de Triomphe
Il ne reste plus grand-chose de l’immeuble qui a accueilli le premier siège social de la RTF, avant son déménagement à la Maison de la Radio à la fin de l’année 1963, mais également les bureaux du ministère de l’information.
C’est une institution indissociable de ce qu’ont été la RTF et l’ORTF plus particulièrement dans le domaine de l’information. Le ministère de l’information ne peut sans doute se comprendre qu’à l’aune de l’avènement de la télévision en France . Si le ministère de l’information a vu le jour antérieurement à la RTF et l’ORTF, c’est bien avec ces deux organismes que son rôle reste significatif dans l’histoire politique et médiatique de la France. C’est durant les années 50 que la télévision prend son essor. Un nouveau mode de communication que le pouvoir politique aura du mal à appréhender. Ce n’est pas un medium comme les autres comme le prouve d’ailleurs le monopole d’État sur la production et la diffusion de cette télévision. C’est le ministère de l’information qui contrôle directement la RTF, cette dernière n’ayant aucune autonomie et aucun statut propre.

C’est d’ailleurs l’un des rôles confiés à ce ministère avec la fonction de porte-parole du Gouvernement et du garant des libertés de la presse. On voit dès lors le mélange des genres qui peut s’opérer avec ce contrôle tout en étant la voix du pouvoir exécutif bien que lors des débats de l’époque à l’Assemblée nationale le Gouvernement se défendait que le ministère de l’information soit un ministère de la propagande.
Mais il est des symboles qui restent comme lorsqu’Alain Peyrefitte, ministre de l’information de 1962 à 1966 inaugure la nouvelle formule du journal télévisé le 21 avril 1963. Il faudrait s’imaginer aujourd’hui un membre du Gouvernement venir lancer la nouvelle édition du 20 heures de France 2. Alain Peyrefitte reconnaîtra d’ailleurs, dans l’émission Bains de Minuit en 1988, que jusqu’à son arrivée le journal télévisé se préparait directement au sein du ministère de l’information. Le ministre ayant des liaisons téléphoniques directes avec les responsables de la télévision. Ce sera le début d’une longue transition vers une plus grande indépendance de la télévision vis-à-vis du pouvoir. La réforme majeure engagée sous Alain Peyrefitte sera la transformation de la RTF en ORTF c’est-à-dire que l’organisme public de la radio et de la télévision n’est plus sous le contrôle du ministre de l’information mais sous sa tutelle avec un véritable conseil d’administration. Cette autonomie ne sera toutefois pas totale comme en témoignent les grèves de mai 1968 et les licenciements qui en suivront. L’information n’est pas encore indépendante. Malgré tout le mouvement est en marche avec notamment la création de deux unités autonomes d’information (pour les deux chaînes de télévision) et la suppression du ministère de l’information en 1969. Cette dernière reviendra en 1972 mais disparaîtra définitivement en 1974 avec l’éclatement de l’ORTF.
Véritable lieu névralgique de la télévision, l’avenue de Friedland fut aussi témoin de cette transition de la télévision française qui cherchait à asseoir sa singularité et sa liberté d’informer.
Photos©Balades télévisuelles
